Maladies en cause

Les maladies du système nerveux

Le système nerveux est responsable de la réception et de la distribution de l’information dans le corps humain. Les muscles et organes du corps attendent les directives de ce système pour fonctionner correctement. Pour cette raison, les maladies attaquant le système nerveux peuvent occasionner des troubles moteurs et affecter notre équilibre.

Les maladies du système nerveux pouvant provoquer des chutes se classent en deux catégories :

Les maladies du système nerveux central (cerveau et moelle épinière)

Accident vasculaire cérébral

Accident vasculaire cérébral 
L’accident vasculaire cérébral est fréquent à l’âge avancé; il est associé à un risque de chute de 2 à 6 fois plus élevé. La diminution du flot sanguin cérébral entraîne des lésions cérébrales qui peuvent soit paralyser des groupes musculaires des membres inférieurs, limitant ainsi la force musculaire, soit empêcher la coordination des actions de divers groupes musculaires. Ceci peut diminuer la capacité de maintenir la jambe étendue lors de la marche et provoquer des trébuchements car le pied traîne au sol. Les personnes affectées éprouvent des difficultés à s’adapter à des environnements complexes (surfaces du sol inégales, obstacles).
Selon les régions du cerveau touchées par l’accident vasculaire, des fonctions plus spécifiques sont atteintes : l’équilibre (tronc cérébral et cervelet) peut être affecté, de même que la planification et l’exécution des activités locomotrices (région pariétale) ou le jugement (atteinte frontale), ce qui provoque chez la personne atteinte des risques inopportuns dans ses déplacements.

Tumeurs

Lésions du tronc cérébral

Maladies dégénératives telles que la maladie de Parkinson

Maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est la plus fréquente des maladies neurologiques chroniques dégénératives après la maladie d’Alzheimer. Cette maladie se manifeste principalement par des troubles du mouvement. Elle s’explique par la perte de cellules nerveuses (neurones) dans une partie du cerveau que l’on nomme la substance noire (locus niger). Ces cellules sont responsables de la production d’un élément chimique, la dopamine, qui agit comme neurotransmetteur, c’est à dire comme messager entre les cellules du cerveau impliquées dans le contrôle du mouvement. Les personnes âgées atteintes de cette maladie sont plus sujettes aux chutes (40 à 50 % d’entre elles rapportent plus d’une chute). En effet, les personnes âgées atteintes de cette maladie présentent des troubles de l’équilibre et de la marche, à cause de la rigidité des membres et de la lenteur des mouvements : tête et tronc fléchis, épaules projetées vers l’avant, avant-bras et jambes fléchis, marche à pas traînants ou à pas plus courts avec parfois tendance à hâter le pas. Le freezing, spécifique au malade parkinsonien, se traduit par des difficultés à initier la marche (hésitation au départ et piétinement sur place), d’autant plus marquées que des obstacles se présentent à lui, comme le franchissement d’une porte grande ouverte.

Maladie cérébelleuse

Maladie cérébelleuse 
Le cervelet est une partie du cerveau particulièrement importante dans le maintien de la stabilité posturale. Des lésions du cervelet, suite à l’alcoolisme, un problème vasculaire ou une dégénérescence, peuvent entraîner des chutes. L’atteinte du cervelet provoque une instabilité de la posture, une base de sustentation élargie et des pas dont la longueur est irrégulière.

Les maladies du système nerveux périphérique (nerfs et racines)

Atteinte de la moelle

Affections radiculaires (racines des nerfs)

Affections tronculaires (partie initiale d’un nerf, à sa sortie de la moelle)

Troubles de la sensibilité profonde liés au vieillissement

Neuropathies (causées par le diabète, une intoxication ou les médicaments)

Neuropathie périphérique des membres inférieurs
Cette neuropathie périphérique consiste en une atteinte des nerfs à leur extrémité qui modifie en particulier : la sensibilité profonde (sensation de vibration et sens de la position du pied et des orteils), particulièrement chez les diabétiques; les réflexes ostéotendineux; la motricité par l’innervation des muscles. 
La perte de la sensibilité et de la motricité peuvent rendre les personnes qui en sont atteintes plus sujettes aux chutes, car le patients perçoivent moins bien la surface sur laquelle ils marchent et peuvent également éprouver des difficultés à lever adéquatement leurs pieds du sol lors de la marche (pieds traînants). Parmi les causes plus fréquentes de la neuropathie périphérique, notons le diabète – qui augmente jusqu’à 15 fois le risque de chute –, certains effets toxiques de médicaments et la déficience en vitamine B12, plus fréquente à l’âge avancé. 

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Les atteintes musculaires

Puisque les muscles jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre, toute maladie susceptible de restreindre leur fonctionnement accroît les risques de tomber. Voici quelques exemples de maladies du système musculaire :

  • Myopathies (affection du système musculaire)
  • Myasthénie (fatigue musculaire excessive)
  • Sarcopénie (raréfaction du tissu musculaire) liée au vieillissement et à la malnutrition protéino-énergétique

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Les maladies ostéo-articulaires

Les maladies ostéo-articulaires sont l’une des causes de douleur (rhumatologique) les plus fréquentes chez les personnes âgées et peuvent rendre les mouvements et déplacements plus difficiles. Voici quelques exemples de maladies ostéo-articulaires :

  • Cyphose dorsaleCyphose dorsale
    Déviation de la colonne vertébrale anormale à convexité postérieure.
  • Arthrose cervicaleArthrose cervicale
    Les chutes survenant pendant des mouvements de la rotation de la tête doivent faire penser entre autres à une atteinte cervicale. Des propriocepteurs cervicaux (capteur de mouvement, de pression etc.) sont situés sur les capsules articulaires des trois premières vertèbres cervicales. Ils informent la personne sur la position de sa tête par rapport au reste de son corps. Certaines affections cervicales, comme l’arthrose, peuvent compromettre la circulation des artères vertébrales au cours des mouvements extrêmes du cou. Les vertèbres déformées et les becs ostéophytiques (excroissances osseuses) peuvent écraser les artères vertébrales. Il s’ensuit des symptômes vertébro-basilaires, parmi lesquels des problèmes d’équilibre et d’étourdissements.
  • Arthrose de la hancheArthrose de la hanche
    Altération destructrice des cartilages ou des fibrocartilages articulaires, de nature dégénérative, non inflammatoire située à la hanche.
  • Arthrose du genoux
  • Chondrocalcinose (dépôt de calcium dans le cartilage articulaire)
  • Pathologies et déformations de la cheville et du pied

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Les maladies cardiovasculaires

Le cœur n’échappe pas aux transformations dues au vieillissement. Vous le remarquez sans doute lorsque vous accomplissez des tâches physiques telles que monter les escaliers. L’une des tâches principale du cœur est de faire circuler le sang dans votre organisme. Si cette tâche est mal effectuée, vous pouvez souffrir de vertiges ou de pertes de conscience.

Voici quelques maladies cardiovasculaires pouvant provoquer des chutes :

  • Arythmie ou trouble du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire, autres tachycardies)
  • Troubles de la conduction cardiaque
  • Hypotension orthostatique Hypotension orthostatique
    L’hypotension orthostatique est un trouble de la régulation de la pression artérielle caractérisé par une diminution de la pression artérielle lors du passage de la position assise à la position debout (orthostatisme). Cette chute de pression artérielle peut être suffisante pour entraîner une baisse de la circulation sanguine au cerveau. Les conséquences sont des sensations de vertige, des malaises, des sensations de tête vide ou légère, une grande fatigue, des nausées, des maux de tête, des syncopes ou pertes de connaissance. Tous ces symptômes peuvent entraîner une chute. Bon nombre de personnes dont la tension artérielle chute lors d’un changement de position n’ont aucun symptôme.
    L’hypotension orthostatique augmente avec l’âge, passant de 5 % ou moins chez les personnes de moins de 65 ans à plus de 30 % chez les personnes de 75 ans et plus. Des facteurs liés au vieillissement, à des maladies (diabète, insuffisance cardiaque, maladie de Parkinson, accident vasculaire cérébral, déshydratation, anémie, par exemple) ou à des médicaments (en particulier les médicaments cardiovasculaires ou du système nerveux central) sont en cause.
    Le diagnostic se pose en prenant la tension artérielle d’abord en position allongée après une période de repos d’au moins 5 minutes, suivie de prises de la tension artérielle après que la personne se soit levée (1, 2 et 3 minutes après). Une chute de tension artérielle significative selon des critères prédéterminés est nécessaire pour poser le diagnostic. Il faut parfois répéter ce test diagnostique à quelques reprises pour mettre en évidence l’hypotension orthostatique.
  • Hypotension postprandiale Hypotension postprandiale
    L’hypotension artérielle (ou basse pression) ne constitue généralement pas un risque pour la santé à long terme. L’hypotension n’est pas considérée comme un problème, sauf lorsqu’elle s’accompagne de malaises (faiblesses, étourdissements ou évanouissement). Une baisse de pression survient naturellement après chaque repas. Ce phénomène s’explique par le fait que le sang afflue au système digestif pour permettre de bien assimiler les aliments.
    (après les repas)
  • Insuffisance cardiaque
  • CoronaropathieCoronaropathie
    La coronaropathie (maladie causée par le rétrécissement des artères du cœur) est le résultat de dépôts de gras qui se logent sur la paroi de l’artère. Ce rétrécissement réduit la quantité de sang qui arrive au cœur et augmente le risque qu’un caillot de sang bloque l’artère.
  • Rétrécissement aortique
  • Hypertension artérielle
  • SyncopeSyncope
    La syncope est une perte de connaissance brutale, brève et complète, liée à la privation soudaine d’oxygène dans le cerveau, privation elle-même secondaire à une brutale réduction du débit sanguin dans les artères cérébrales. Lorsque la personne perd brutalement conscience, elle tombe, se blesse au cours de sa chute et reste étendue par terre. Le pouls et les mouvements respiratoires sont absents. Après quelques secondes, la personne reprend conscience, mais ne se souvient pas de la chute. Chez les sujets âgés, la syncope survient surtout chez les personnes affectées d’athérosclérose.
  • Sténose artérielle carotidienne vertébrale ou sous-clavière Sténose artérielle carotidienne, vertébrale ou sous-clavière
    La sténose artérielle est un rétrécissement des artères qui amènent le sang au cerveau. Il s’ensuit des symptômes d’étourdissement ou d’évanouissement.

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Les atteintes sensorielles

En vieillissant, nos sens perdent normalement de leur acuité. Ça se traduit par une baisse de vision ou des troubles de l’audition, deux facteurs de risque de chute importants. Certaines maladies peuvent aussi provoquer des problèmes sensoriels :

Voici quelques maladies cardiovasculaires pouvant provoquer des chutes :

  • CataractesCataractes
    Les cataractes causent une perte progressive de la vision par une opacification du cristallin (lentille de l’œil), qui est normalement transparente. Elles peuvent être dues au vieillissement, à un accident, à une maladie ou à une substance comme la cortisone. Les cataractes affectent 15 à 16 % des personnes âgées. L’opacification du cristallin est indolore, mais elle entraîne une vision embrouillée qui accroît le risque de chutes accidentelles.
  • GlaucomeGlaucome
    Le glaucome se caractérise par une augmentation de la pression intra-oculaire exercée par les liquides contenus dans l’œil. Cette pression excessive peut provoquer des dommages irréversibles au nerf optique, allant jusqu’à la cécité. Le glaucome affecte jusqu’à 3 % des personnes âgées de plus de 65 ans.
  • Dégénérescence maculaireDégénérescence maculaire
    La macula est une zone de la rétine de l’œil qui permet la vision centrale. L’intégrité de cette zone est nécessaire, entre autres pour la lecture. La dégénérescence maculaire altère cette région de l’œil et entraîne une distorsion de la vision centrale. Les objets peuvent alors apparaître plus grands ou plus petits; les lignes droites peuvent paraître tordues et le centre des lignes peut disparaître. La dégénérescence maculaire est la principale cause de cécité chez les personnes âgées vivant dans les pays industrialisés.
  • Rétinopathie diabétiqueRétinopathie diabétique
    Le diabète peut provoquer une rétinopathie diabétique et provoquer une baisse de l’acuité visuelle progressive bilatérale. La rétinopathie diabétique représente l’une des grandes causes de cécité chez la personne âgée. Elle est liée à l’occlusion de capillaires rétiniens.
  • Vertige paroxystique béninVertige paroxystique bénin
    Sensation que la tête tourne et/ou que la pièce tourne autour de nous. Cette sensation de vertige se produit surtout aux changements de position: au lever du lit, en se retournant dans le lit, surtout d’un côté, en regardant en haut ou au contraire en bas.
  • Névrite vestibulaire toxiqueNévrite vestibulaire toxique
    La névrite vestibulaire se manifeste par une sensation de rotation intense et brutale avec nausées, sueurs, etc. Elle peut durer plusieurs heures, voir plusieurs jours, sans arrêt. La station debout est impossible, mais l’audition n’est pas atteinte. La crise peut être causée par un virus, comme le zona, la varicelle ou les oreillons.
  • Maladie de MénièreMaladie de Ménière
    La maladie de Ménière est une affection qui touche l’oreille interne. Elle se manifeste par des vertiges, des acouphènes (bourdonnements, sifflements, tintements), une sensation de plénitude de l’oreille et une baisse de l’audition.

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Les troubles métaboliques

Les troubles métaboliques sont les difficultés reliées à l’absorption et à la transformation des aliments. Parmi ceux-ci, nous retrouvons :

  • Anémie
  • Hypoxie (diminution d’oxygène)
  • Malnutrition protéino-énergétique
  • Déshydratation
  • Troubles électrolitiquesTroubles électrolytiques
    Les électrolytes sont des composantes chimiques (comme les sels et les minéraux) qui se trouvent dans votre corps en quantités bien précises. Dans certaines pathologies comme les maladies rénales, endocriniennes, digestives, pulmonaires, nerveuses, l’insuffisance cardiaque ou la cirrhose, il peut se créer un déséquilibre de ces substances.
  • HypoglycémieHypoglycémie
    Diminution de la quantité de glucose dans le sang, au-dessous de sa valeur normale de 0,80 g/l.
  • Dysthyroïdie (mauvais fonctionnement de la glande thyroïde)
  • Infections
  • Alcoolisme
  • Incontinence urinaire
  • Difficultés causées par les médicaments

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Les problèmes psychologiques et cognitifs

Les personnes souffrant de troubles de l’humeur ou de troubles cognitifs sont beaucoup plus à risque de chuter car généralement leur autonomie fonctionnelle est réduite. On note aussi chez eux un recours plus fréquent à certaines catégories de médicaments dont les effets secondaires peuvent entraîner des pertes d’équilibre. Voici quelques problèmes psychologiques et cognitifs en cause :

Dépression

  • Troubles anxieux
  • Délirium

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